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L’Union Européenne ou comment faire avaler des couleuvres

Les nouveaux chantres de la citoyenneté européenne

Un samedi soir comme un autre. Je vais fêter l’anniversaire d’une amie lilloise rencontrée quelques années auparavant lors d’une « année Erasmus » à Madrid. Cette idée d’une année d’étude à l’étranger close sur elle-même, vue comme une fin en soi, est monnaie courante chez les nouveaux chantres de la citoyenneté européenne. Profils Facebook internationaux, mélange des cultures, des langues – allant même parfois jusqu’à la procréation ici nommée « bébés Erasmus » – et un goût prononcé pour la fête à l’orée de l’entrée dans la vie active, rassemblent un petit monde hétéroclite pourvu d’une vision pro-européenne cachant bien souvent une convergence des classes moyennes supérieures européennes. Bien que ces joyeux lurons partageant à tout bout de champ une expérience positivement connotée me tapaient un peu sur le système, j’ai vécu une bonne année. Enfin bref, une année d’études à l’étranger, bourses à l’appui, c’est toujours bon à prendre. J’y ai rencontré de bons camarades comme cette amie lilloise chez qui je me rends avec ma bouteille de 75 cl de bière histoire de ne pas arriver les mains vides. C’est pas cool mais c’est une période de vache maigre.

Petit appartement typique des étudiants parisiens, pas vétuste mais chiche, une douche, une cuisine, un chiotte, une chambre et un salon-chambre afin de diviser par deux un loyer exorbitant. Des gens, en majorité des filles issues de la même promotion, aux mines joyeuses partagent des chips et du rhum. Je pose ma bière et l’entame en même temps qu’une discussion. Je sais pas trop quoi dire alors j’évoque l’actualité et dans ma grande maladresse, j’y ajoute un point de vue. « Vous avez vu l’Ecosse a voté non à l’indépendance, fais chier ! ». Pas très argumenté certes, mais ça donne le ton à une discussion à fort potentiel auditif.

Grossière erreur que d’attaquer la sacro-sainte unité européenne dans un lieu inconnu. On me rétorque que l’heure est à l’unité de l’Union européenne, voie unique pour sortir de la crise. L’Europe sociale, politique et culturelle est à venir. Je pense qu’il s’agit de la chose que l’on a le plus attendu de l’Histoire. C’est jamais là mais ça arrive, un peu de patience…

En trois phrases pas très documentées je deviens le chantre du régionalisme européen. Je me défends avec mes armes car je n’oublie jamais que le régionalisme est un nationalisme, ce qui me pousse à être sur mes gardes. Un corse qui écrit « Islam fora » (L’Islam dehors) sur un mur prouve qu’indépendance politique ne rime parfois pas avec indépendance de pensée. Quand le régionalisme devient xénophobie et racisme social, je m’arrête. Bien entendu, en bon libéral antiraciste primaire, mon auditoire le comprend très bien.
Alors je précise mon propos sur l’Union européenne en attaquant la défense des intérêts financiers sous couvert d’humanisme (Europe sociale, droits de l’homme…).

On me sert le discours de la belle Union contre la guerre et pour les pauvres.

Dès lors, je me prends dans la gueule l’argument d’autorité, incontournable pirouette des lecteurs de Libé et du Figaro : l’Union européenne a apporté la paix en Europe après deux guerres sanglantes. On me sert le discours de la belle Union contre la guerre et pour les pauvres (encore cette maudite Europe sociale). À ma droite on en rajoute une couche avec l’aspect culturel : la citoyenneté européenne.
« Être européenne pour moi, c’est pouvoir parler plusieurs langues, voyager facilement, rencontrer d’autres européens. J’ai fait Erasmus et c’était très riche culturellement. C’est ça l’Europe. Après il y a différentes visions de l’Europe. Pour un patron ce sera plutôt le libre-échange mais pour moi ce n’est pas ça ».
Je ne sais pas quoi faire face à cet afflux de remarques. Je me concentre pour ne pas tomber dans la facilité, ce n’est pas parce que ce sont des arguments ressassés qu’ils n’en sont pas.

Au commencement était le plan Marshall

Reprenons depuis le commencent. Au commencement était le verbe. Euh non… pardon…  au commencement était le plan Marshall. Soutenu par des américains en proie à une surproduction due à leur forte croissance durant la guerre, ce plan prévoyait le redressement de l’économie européenne via des prêts émis en dollars ou son équivalent en or (étalon or). Ils maintenaient ainsi une forte croissance économique en créant un lien économique de dépendance vis-à-vis des pays européens ruinés et à reconstruire. Les motivations politiques sont aussi à l’ordre du jour. Le lourd coût des réparations allemandes au lendemain de la première guerre mondiale a créé une hyperinflation et un chômage de masse favorisant la montée du nazisme et une seconde guerre mondiale. Dans le contexte de l’après 1945, le but était de ne pas répéter la même erreur. Ainsi, l’ONU se devait de pallier l’échec politique de la Sociétés des nations (1921) et le GATT (devenu depuis l’OMC),  se devait de garantir la coopération et la stabilité économique des grandes puissances. N’oublions pas aussi le début d’une guerre s’annonçant plus chaude que froide entre les Etats-Unis et l’URSS qui refuse le plan Marshall. Dans ce cadre, ce dernier prend racine dans la politique de containment des Etats-Unis qui craint la montée du communisme en Europe.

On ne peut comprendre la construction européenne d’après 1945 qu’à la lumière de ce contexte. En parallèle de ce plan relançant fortement les économies européennes, la France, l’Allemagne et l’Italie émettent le souhait de dépasser les conflits nationaux qui ont miné le continent depuis presque un siècle. L’idée d’une paix durable comme condition sine qua non de la construction européenne est née. Nous y voilà, la paix qu’on nous rabâche comme argument d’autorité excluant toute critique de l’Union européenne. La sacro-sainte paix qu’on vient encore de me faire valoir dans le petit salon où je termine ma bière de 75 cl, alibi de ma soirée de radin. La guerre n’est plus possible, la diplomatie l’emporte.

Mais cette « déclaration de paix » des pères fondateurs de l’Europe, avec en première ligne les français Monnet et Schuman (non pas le peintre et le musicien mais des démocrates-chrétiens), n’est pas une idée jetée en l’air qui s’est suspendue dans le ciel éternel de la pensée juste et humaniste comme on me le répète à ma droite en s’accrochant corps et âme à la sincérité de l’idée. Je ne dis pas ici que l’idée n’était pas sincère, là n’est pas la question importante. Mais à quelle fin pratique cette idée a-t-elle abouti ? Car il est certain qu’une simple déclaration de paix n’aurait pas suffi à la garantir comme le montre l’exemple de la Société des nations mise en place sans volonté politique après la guerre de 14-18.
Réponse : la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1952 réunissant six pays (Italie, France, RFA, Benelux) qui prévoit de mettre en commun la production de ces deux matières premières sur lesquelles reposent l’économie de guerre (donc la mise en commun garantissait la paix) et la reconstruction des pays européens (cette initiative permettait une croissance économique). Mais alors, me diriez-vous, où est le problème ? Les pays européens faisaient d’une pierre deux coups en garantissant la paix et la reconstruction économique. Donc no souci, passe la bière, tout est beau dans le meilleur des mondes. Je veux bien te passer la bière mais j’aimerais aussi aller au bout de mon article.

Voici un extrait d’une déclaration de Robert Schuman datant de 1950 :
« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. […] Dans ce but, le gouvernement français propose immédiatement […] de placer l’ensemble de la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. […] La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. »1
Mais alors, me diriez-vous encore, où est donc le problème ?
La vision de l’économie définie comme un moyen qui servirait à accéder mécaniquement à un objectif donné.

Je m’explique : Schuman voit dans la construction économique du début des années 1950 non dans « une construction d’ensemble » mais comme un balbutiement de coopération économique qui engendrera « une solidarité de fait » garantissant la paix. L’idée semble se tenir : mettons en commun nos industries de guerre pour garantir la paix entre nous.

L’arnaque philosophique et économique

Mais cette idée de construction économique engendrant mécaniquement un effet bénéfique prendra rapidement des allures moins nobles. Dès 1957 au moment du traité de Rome et de la création de la Communauté économique européenne (CEE), Jean Monnet (le revoilà) nous raconte que le marché commun européen (libre circulation des marchandises, union douanière, tarif extérieur commun pour les marchandises venant de l’extérieur…) permettra selon un effet d’entraînement (ou functionnal spillover) une intégration politique. L’idée à quand même de quoi faire sourire, ou penser tout du moins, car il a tout de même le culot de dire que sans aucune volonté politique, l’Europe et son union économique pourra tout de même devenir une union politique. On est pas loin de « l’arnaque philosophique et économique » sur laquelle se fonde le libéralisme à savoir la « main invisible » d’Adam Smith qui nous raconte en toute franchise que sur le marché, « des actions guidées uniquement par l’intérêt personnel de chacun peuvent contribuer à la richesse et au bien-être de tous » ou encore que « Tout en ne cherchant que son intérêt personnel (l’individu), il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. »2

Le bonheur des industriels et des financiers européens fera le bonheur des peuples européens.

Le bonheur des uns fait le bonheur des autres. Le bonheur des industriels et des financiers européens fera le bonheur des peuples européens. Et voici venue l’Europe sociale qui fait suite à la paix et à l’intégration politique. L’idée est née progressivement des mouvements de gauche européens qui répondaient à des critiques venues de toutes parts marquant la prise de conscience que l’Europe n’améliorait pas les conditions de vie des peuples. Ce thème s’est progressivement imposé dans l’agenda politique européen dans les années 1980-1990.

Pour étayer mon propos sur l’Europe sociale, arrêtons-nous quelques paragraphes sur l’exemple le plus emblématique : Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1985 à 1994.
Jacques Delors, grand homme de gauche, Mitterrandien, père de Martine Aubry, grand artisan de la construction européenne dont la construction de l’Europe sociale. Dans les mentalités collectives de ceux qui ne l’ont pas oublié, et notamment la gauche mitterrandienne ou du moins ce qu’il en reste, il est positivement reconnu pour son rôle joué en tant que président de la Commission européenne.
Pourtant, en tant que ministre de l’Économie et des Finances de Pierre Mauroy de 1981 à 1984, pendant la première période mitterrandienne connue pour son progressisme, Delors s’illustre par son libéralisme plus qu’accentué en matière économique qui ne fait pas vraiment l’intérêt des ménages français.

Après le « Il faut savoir arrêter une grève dès que satisfaction a été obtenue »3
du « communiste » Maurice Thorez voici venu le « Nous avons obtenu la suppression de l’indexation des salaires (sur l’inflation) sans une grève »4 du « socialiste » Jacques Delors.
En sortant un peu de l’effet citation choc, cet homme de gauche ne s’illustre pas spécialement par des politiques socialistes et des déclarations allant dans le sens de l’intérêt du travailleur, mais plutôt dans l’intérêt des entreprises via un plan d’austérité comme l’indique l’économiste Alain Cotta puisqu’il déclare qu’en 1982, avec la fin de l’indexation des salaires sur les prix « les socialistes [ont] fait à l’entreprise privée le cadeau le plus considérable que celle-ci eût jamais reçu des pouvoirs publics »5.

Les industriels au chevet de l’Europe

Il devient président de la commission européenne en 1985 et son mandat est marqué notamment par l’adoption de l’acte unique européen (1986) et du traité de Maastricht (1992) à savoir des évènements majeurs permettant l’instauration du marché commun. Il se fait remarquer pour son oreille attentive aux souhaits du lobby des entreprises européennes (European Round Table of Industrialists)6 présidé à l’époque par Wisse Dekker qui est aussi PDG de Phillips.
Bon j’ouvre une seconde bière alors excusez ma fainéantise mais je cite du Wikipédia (ne vous inquiétez pas, je vous renvoie à d’autres sources dans la note de bas de page suivante).
« En janvier 1985, alors qu’il (Jacques Delors) entre en fonction à Bruxelles, il reprend nombre de thématiques que le président de l’European Round Table (et de Philips) – Wisse Dekker – avait publié dans : Europe 1990 : un agenda pour l’action. Parmi elles : faire tomber les barrières commerciales et les frontières fiscales. »7
De plus, Delors va plus loin que les simples recommandations patronales et que le programme de marché unique en introduisant notamment « la directive 88 sur les mouvements de capitaux sortie en juin 1988 et cette fois aucune transaction, aucun transfert de capitaux n’échappait à l’obligation de libéralisation. »8
Contrairement à d’autres on ne peut pas reprocher à Delors son manque de transparence sur les liens tissés avec l’ERT pour mener sa politique de dérégulation de l’économie puisqu’il déclare en 1991, lors de l’émission La Marche du siècle sur France 3 : « Lorsque j’ai lancé en 1984-1985, le projet de grand marché, la Table Ronde des Industriels a soutenu ce projet. Et aujourd’hui, les industriels invitent les gouvernements à aller plus vite encore, et ce n’est pas moi qui leur dirais le contraire : nous avons bien besoin de cette poussée salutaire, sinon nous aurions tendance à ne pas aller au rythme où les évènements vont. »9

Votez oui à l’Europe libérale, elle vous le rendra au centuple

Au-delà des effets sociaux dévastateurs d’une telle politique économique, le même problème éthique se pose : l’Europe sociale comme le miroir aux alouettes afin de continuer à faire avaler des couleuvres aux citoyens. À une époque où le spillover semble avoir été enterré au profit d’une vision plus volontariste pour la création d’une Europe politique, Delors nous ressert la même soupe fade aux relents de
déjà-vu non sans ironie à qui veut bien être attentif : « Votez oui à Maastricht, et on se remettra au travail tout de suite sur l’Europe sociale. »10 Après Schuman et la paix, Monnet et l’intégration politique, voici Delors et l’Europe sociale : décidément l’économie a bien des vertus en Europe.

À l’instar de Monnet et de Schuman, Delors souhaite construire une Europe superpuissance « qui devienne un pôle aussi compétitif que les États-Unis ou l’ensemble asiatique ; une fois cette condition atteinte l’Europe sociale pourrait se construire »
(Désolé encore du Wikipédia, ça fait pas sérieux mais j’aimais bien cette phrase et la paraphraser me semble encore plus malhonnête que de la citer). Alors il ne fait pas de doute que cette politique économique a été mise en place pour garantir une place de choix à L’Union Européenne et les intérêts des entreprises communautaires au détriment des droits sociaux que l’on attend toujours. Le spillover et la mise en place « prochaine » de l’Europe sociale apparaissent dès lors comme un argument fallacieux visant à rassurer les peuples européens qui se rendent aux urnes (au regard des taux d’abstention lors des élections européennes, on ne peut pas dire que ça ait convaincu tout le monde). Le plus important est de rassurer les industriels, les investisseurs et les marchés financiers et de ne pas rater le train de la mondialisation.
Ajoutons à cela que si les patries des droits de l’Homme ont bien garanti la paix au sein de l’Union ces 60 dernières années (on ne se faisait pas trop de souci), ils ont aussi tenté de devenir une superpuissance en pesant sur la scène internationale et en ne s’empêchant pas la solution guerrière pour exister politiquement et économiquement.

La belle Europe pacifiste

Une fois la paix garantie à l’intérieur d’un marché commun, L’UE peut être tout aussi guerrière que n’importe quelle puissance, que n’importe quelle dictature et ce malgré sa cour internationale des droits de l’Homme.

Les guerres n’ont pas reculé, bien au contraire.

Malgré la volonté de garder leur souveraineté en matière régalienne, qui pousse les va-t’en guerre européens à y aller seul (ou avec les États-Unis) et non via une union militaire communautaire, les guerres n’ont pas reculé, bien au contraire. Externalisée loin de l’Occident durant la période de décolonisation (Inde, Indochine, Algérie…) et la guerre Froide (Corée, Vietnam, Afghanistan…) dans un premier temps, la guerre a pris depuis le 11 septembre 2001 des allures culturelles et idéologiques (contre l’Islamisme et pour l’instauration du modèle démocratique occidental via des guerres aussi propres qu’un abattoir du XVe siècle) ne cachant pas moins des intérêts financiers dans un monde économique en plein bouleversement (émergence de la Chine devenue deuxième puissance mondiale, pays du sud émergents, tertiarisation des pays occidentaux…). La liste est déjà longue et s’allonge tous les ans :
Irak, Afghanistan pour les Américains (ceux qu’ils ont armés pendant la guerre Froide) Mali, Centrafrique pour les français (ceux qu’ils ont « désarmés » au XIXe siècle pendant la colonisation). La guerre contre l’Etat islamique qui, bizarrement, s’est installé sur une bonne partie du territoire irakien détruit à l’instar de la Lybie par des coalitions internationales sous l’égide des américains, s’annonce sanglante. On va encore nous dire qu’elle est fondée sur des motifs humanistes et/ou humanitaires, comme la volonté de détruire l’Islamisme et les djihadistes, les méchants, les violeurs, les égorgeurs d’otages, non que ce soit fondamentalement faux mais je dis simplement que l’Occident n’attaque pas toutes les dictatures, ni tous les État religieux appliquant une charia drastique, alors arrêtez de nous prendre pour des chèvres bouffeuses de couleuvres ! Je vous mets au défi de me donner un nom d’opération militaire menée par des coalitions internationales qui ont été faites pour de bonnes raisons, n’en déplaise à BHL.

Ah elle est belle l’Europe pacifiste !
En guerre permanente depuis 15 ans l’Union européenne se veut gendarme du monde, puissante sur la scène politique et économique internationale. Bref, de Monnet à Barosso, l’UE veut être calife à la place du calife. Et comme elle n’y parvient pas, elle ressemble bien souvent à une marionnette aux mains des américains qui s’agite légèrement et négocie dans des échanges pas vraiment bilatéraux (le traité transatlantique en est une preuve flagrante11).
Alors oui mes chers camarades de soirées et d’apéros chaloupés, vous pouvez voyager « librement » (tout dépend des bourses) et vous pouvez vous assurer que la France ne fera pas la guerre à l’Allemagne mais ces idées ne vous semblent-elles pas limitées voire naïves à la lumière de cette perspective historique ?
Tant que l’on ne comprendra pas que l’économie est bien souvent première et surtout bien plus puissante que la volonté des hommes politiques – je ne nie pas le poids de certaines décisions, je pense en avoir fait la démonstration avec Jacques Delors – et de leur soi-disant idéologie ou philosophie, nous regarderons le monde comme des enfants.
Ou nous voterons Front national dans un rejet poujadiste et nationaliste de l’Union européenne et du néo-libéralisme. Argument final et fatal que l’on m’assène comme une enclume sur ma tête embrumée par les bières des autres, promis la prochaine fois j’en achète plein et j’arrête de parasiter les apéros, pour une triste soirée dans une triste Europe qui ne voit pas d’autres voies à suivre que l’adaptation au marché européen et mondial, chose que la population française de tous bords ne veut apparemment pas (Non à la constitution en 2005, votes eurosceptiques et abstention). Et face à l’échec de la gauche comme force du changement, la seule alternative au rejet de cette union libérale semble un repli nationaliste au relent de national-socialisme tant vanté par Soral, Dieudonné et Marine, cette dernière peinant à le revendiquer en public et se contentant que ses sbires remplissent les salles et le cœur des français en manque de solutions mais pas de télévision (ni de connexion Internet).

Pour une approche critique de l’Union européenne, je vous renvoie à l’interview de François Ruffin, journaliste au Monde Diplomatique, par le Canard Forgeron : https://www.youtube.com/watch?v=7X-T9tlFL6g


1. Robert Schuman, déclaration du 9 mai 1950 au Ministère des Affaires étrangères français. 2. Adam Smith, La Richesse des Nations, 1776.
3. Propos de Maurice Thorez à propos des grèves de 1936.
4. Propos de Jacques Delors en 1982 quand le Parti Socialiste supprime l’indexation des salaires sur l’inflation. Cité dans Serge Halimi,
« Colères populaires  », Le Monde Diplomatique, juin 2008.
5. Propos d’Alain Cotat, Cité dans Serge Halimi, « Colères populaires », Le Monde Diplomatique, juin 2008.
6. Je vous laisse allez voir par vous-même les membres actuels de l’ERT, je vous préviens, il y a du beau monde : http://www.ert.eu/members
7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Delors
8. Rawi Abdelal, « Le consensus de Paris : la France et les règles de la finance mondiale », Critique internationale, n°28, juillet-septembre 2005.
9. Propos de Jacques Delors tenus en 1991 lors de l’émission La Marche du siècle sur France 3.
10. Propos de Jacques Delors tenus quelques jours avant Maastricht, cité par Stéphane Hessel, Pierre Larrouturou, Michel Rocard, « 5 critères pour l’Europe sociale », Le Monde, 9 juin 2004.
11. Pour plus d’informations sur ce sujet : Lori M. Wallach, « Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens », Le Monde Diplomatique, novembre 2013. http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803

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